Conseil municipal du 18 décembre 2015, question n°28, Métropole du Grand Paris GP

mgp

Désignation des conseillers territoriaux de l’établissement se substituant à GPSO

Réponse au Maire qui déclare qu’il ira siéger à reculons dans la nouvelle assemblée du Grand Paris :

Et bien nous y voilà, nous mettons enfin en route la Métropole du Grand Paris, nous pouvons tous nous réjouir de vivre un moment historique qui va nous permettre de disposer d’un organe pour gérer à un bon niveau ce qui doit l’être. Je regrette Monsieur Le Maire que vous ne soulignez pas la portée de cet évènement et les buts de cette assemblée à laquelle il vous est donné de participer de droit. 

J’espère que vous saurez vous monter digne de cette responsabilité qui vous est confiée. Puisque vous éludez la question du rôle de la MGP, je vais en rappeler les grandes lignes

 

- aménagement de l’espace métropolitain : approbation du plan local d’urbanisme élaboré en conseils de territoire ; définition et réalisation d’opérations d’aménagement et constitutions de réserves foncières d’intérêt métropolitain ; actions de restructuration urbaine ; actions de valorisation du patrimoine naturel et paysager ; établissement, exploitation, acquisition et mise à disposition de réseaux de télécommunications ;

- développement et aménagement économique, social et culturel : création, aménagement et gestion des zones d'activité industrielle, commerciale, tertiaire, artisanale, touristique, portuaire ou aéroportuaire d’intérêt métropolitain ; actions de développement économique d’intérêt métropolitain; construction, aménagement, entretien et fonctionnement d’équipement culturels, socioculturels, socio-éducatifs et sportifs d’intérêt métropolitain ;

- politique locale de l’habitat : élaboration du plan métropolitain de l’habitat et de l’hébergement (PMHH) ; politique du logement ; aides financières au logement social ; actions en faveur du logement social et du logement des personnes défavorisées ; amélioration du parc immobilier bâti ; réhabilitation et résorption de l’habitat insalubre ; aménagement, entretien et gestion des aires d’accueil des gens du voyage ;

- politique de la ville : dispositifs contractuels de développement urbain, de développement local et d'insertion économique et sociale ; dispositifs locaux de prévention de la délinquance ;

- protection de l’environnement et du cadre de vie : lutte contre la pollution de l'air ; lutte contre les nuisances sonores ; soutien aux actions de maîtrise de la demande d'énergie ; élaboration et adoption du plan climat-énergie territorial ; gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations.

Chacun comprendra bien que lorsque l’on vit dans un espace avec une continuité urbaine que nous connaissons, on ne peut pas fragmenter à l’infini la gestion de  l’espace urbain, des politiques d’ensembles doivent être conduites. C’est ce que fera la MGP.

Pour autant, est ce qu’il faut se déclarer satisfait du point d’aboutissement ? Comme vous Monsieur le Maire, même si je me réjouis de la mise en place de la Métropole je pense que l’on aurait pu faire mieux. D’une part parce que la MGP ne réduit pas la complexité territoriale.  Comme vous j’ai écouté avec attention les paroles de M. Marseille en conseil communautaire et je suis tout à fait d’accord avec lui sur la nécessite de réduire cette complexité. Il a notamment cité le cas des métropoles de Marseille et de Lyon qui ont su prendre de l’avance. J’aurais préféré la première version du projet MGP qui supprimait les départements et je regrette que l’on ait accordé trop d’attention aux gesticulations de certains caciques locaux pour que l’on garde ces départements en petite couronne. Il fallait en répartir les attributions sur la MGP, et ETP ou même les villes afin de simplifier, cela n’a pas été fait, c’est dommage. Et puis à plus long terme, il faut se demander si le schéma de gouvernance qui prévaut au sein de Paris ne pourrait pas être étendu sur la petite couronne. 

Ensuite sur les conditions de mise en œuvre, vous dites que cela parait bâclé. Non bien au contraire, parce qu’il y a eu beaucoup beaucoup de discussions entre les parties prenantes, mais compte tenu de la longueur de ces palabres entre le législateur et les responsables politiques locaux, que l’on aurait certainement dû écourter, j’en conviens, les derniers réglages se font effectivement avec une certaine tension. J’ai bien entendu les propos de Monsieur Badré, qui s’arrache les cheveux avec cette instabilité qui prévaut encore ces derniers jours. Je crois que l’on peut lui rendre hommage pour le travail qu’il accompli et son très fort engagement à GPSO, mais je suis persuadé qu’il va s’en sortir.

Il faut également comprendre que la vie ne s’arrête pas au 31 décembre. La MGP se met en place, vous allez y participer, la formation politique à laquelle vous appartenez va certainement  diriger la MGP, donc vous aurez toute latitude à en améliorer le fonctionnement. Je suis aussi persuadé que vous prendrez vos rôles de conseiller métropolitain et de territoire à cœur et que vous contribuerez à élaborer des politiques d’ensemble dont la métropole a besoin pour améliorer les conditions de vie de tous les métropolitains, et par conséquent de tous les habitants de notre territoire et de tous les sévriens. Je crois aussi que vous pourrez militer pour une simplification des structures territoriales, et je suis persuadé que le temps viendra ou les attributions des départements seront dévolues à la MGP ou aux territoires et que finirons par avoir une gouvernance avec Paris qui sera plus intégrée. Ce n’est qu’une question de temps.

Sur cette question le Maire répond déclare avec cynisme qu’une métropole plus intégrée lui semble aussi indispensable, mais il approuve de fait les manœuvres de élus locaux qui ont détricoté la Métropole en indiquant qu’il n’appartient pas aux élus locaux de se faire « Hara-Kiri » sur leurs prérogatives. Parfaite illustration du peu de cas et de l’absence totale d’esprit de responsabilité de la classe politique dans son ensemble vis-à-vis des sujets d’intérêt général. Tout cela vole donc très bas.

Nous regrettons que sur ce point le Maire de Sèvres ne manifeste pas le même niveau d’esprit républicain que son prédécesseur en refusant d’accorder une place à l’opposition dans la désignation des conseillers municipaux de Sèvres qui siègeront dans l’établissement qui se substitue à GPSO.

 

Pour lire l'intervention de Catherine Candelier

 

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