Les débuts " à droite toute " de la nouvelle présidente du Conseil régional

C’est lors d’une session «à droite toute» que Valérie Pécresse, nouvelle Présidente, a fait ses premiers pas au Conseil Régional.

Lors  de  l’installation  du  Conseil Régional, le non cumul des mandats n’est plus de mise. Alors que la campagne de Mme Pécresse prônait le renouveau en politique, elle confi e des délégations aussi importantes que le transport ou le  développement  économique, compétences primordiales de la Région, à des élus déjà maires ou parlementaires. Faites ce que je dis, je fais ce que je veux !

 

Le groupe LR a refusé l’amendement du groupe socialiste demandant la parité dans toutes les représentations et instances du Conseil Régional, en arguant de l’impossible mise en œuvre de cette mesure pour des questions de compétence (les femmes apprécieront) …

Le nouveau règlement intérieur du Conseil Régional ne comprend aucune disposition de démocratie participative, quand nous proposions un budget participatif sur le modèle parisien ou des dispositifs permettant aux Franciliens de proposer et d’investir l’action régionale. L’argument retenu, effrayant, nous renvoie au jacobinisme des an- nées 70 : la démocratie a désigné Mme Pécresse et sa majorité, ce sont eux seuls qui doivent diriger la Région…

Un déménagement des différents locaux du Conseil Régional s’engage sans chiffrage des coûts globaux ou concertation des agents… Un conseil des chefs d’entreprise, sans fonction précise, est instauré, témoignant du caractère pro- business de Mme Pécresse et de son dévoue- ment aux lobbies (Et pourquoi pas un conseil des salariés ?).

Pire encore, en remerciement aux 60 000 électeurs du Front National qui l’ont installée à la tête de notre Région, Mme Pécresse instaure une série de mesures profondément réactionnaires, sortant des principes de solidarité pratiqués par la Région jusqu’alors : suppression du tarif social dans les transports pour les étrangers sans papiers bénéficiaires de l’aide médicale d’État (donc pour des malades...) et ce, sous les applaudissements du FN. La délibération sur le bouclier sécuritaire propose de financer des portiques de sécurité sans aucune efficacité, ou encore des prisons et des centres de déradicalisation, en dehors de la compétence régionale !

Les femmes pour lesquelles Claude Bartolone avait annoncé un droit à la sécurité dans les transports sont les grandes oubliées de Mme Pécresse. Non aux arrêts à la demande dans les bus la nuit, aux applications de géolocalisation, au renforcement de la présence humaine dans les zones sensibles ou anxiogènes, à la prévention des agissements sexistes… J’ai rappelé à Mme Pécresse nos pro- positions en ce sens : elle a argué de son passé politique de femme pour ne pas avoir à justifier ce droit à la sécurité pour 100% de celles qui ont été victimes de harcèlement sexiste dans les transports.

Nadège Azzaz