Du temps pour le changement

Dans un ouvrage paru pendant la campagne présidentielle, L’Etat blessé, Jean- Noël Jeanneney, universitaire et homme politique, dresse un constat accablant des dégâts de la présidence de Nicolas Sarkozy : les contre-pouvoirs violentés, les fonctionnaires méprisés, la République à « tu et à toi », le marché débridé, la laïcité offensée, la France humiliée.
François Hollande n’a jamais fait mystère de sa volonté de rompre avec le style de son prédécesseur et de restaurer la dignité de la fonction présidentielle.

N’en déplaise aux médias, qui se nourrissaient de l’activisme et de l’hyper communication de son prédécesseur et caricaturent le nouveau chef de l’Etat.
Pour François Hollande, le président ne doit pas être au four et au moulin. Il ne doit pas interférer dans le détail du travail des ministères. Sa mission consiste à défi nir les grands objectifs, dire la vérité à la Nation sur sa situation, mobiliser les énergies du pays pour affronter les défis.
Surtout, le président doit garder la maîtrise du temps. Le « changement c’est maintenant », cela ne veut pas dire le changement c’est tout et n’importe quoi, immédiatement. Bien sûr la crise est là et il importe de réagir, mais avec sang-froid. Pour reconstruire durablement le pays, lui redonner un cap et l’espoir en l’avenir, il faut une action persévérante, inscrite dans la durée du quinquennat, au risque de l’impopularité.