J'étais déjà Charlie

 Dans le cadre des activités culturelles de l’association KESCC*, j’ai contacté Charlie Hebdo et j’ai été invité le mercredi 26 novembre 2014 à participer à leur conférence de rédaction, avec un dessinateur et un journaliste Kurdes venus en France parler de la guerre entre les kurdes et le groupe terroriste Daech. Charb nous a accueillis et il nous a rapidement présentés à son équipe.

La discussion a démarré sur la situation en France, à l’étranger et la défaite des islamistes en Tunisie. Puis, encouragé par Charb, j’ai parlé de la situation en Irak et de la nécessité de combattre Daech, pendant que Tignous nous dessinait avec une phrase au-dessus du dessin «Je vais vous choquer, je préfère un dictateur à un islamiste».

 

Après deux heures de discussions, la conférence terminée, Charb et Zineb nous ont interviewés. Une semaine plus tard, le 3 décembre 2014, les deux pages centrales de Charlie Hebdo étaient consacrées aux luttes kurdes pour la liberté, la démocratie et à la guerre contre Daech.

Si les terroristes avaient décidé d’attaquer Charlie Hebdo quelques semaines plus tôt, je serais probablement mort, comme le sont aujourd’hui Charb, Cabu, Wolinski, Tignous et les huit autres victimes de cette tuerie. Aujourd’hui, je me sens plus que jamais Charlie ; nous sommes tous Charlie quand la folie meurtrière du terrorisme s’abat sur la France et que ses victimes n’ont d’autres faits à se reprocher que d’avoir exercé leur liberté d’expression, d’avoir fait leur travail ou tout simplement de s’être trouvées au mauvais endroit au mauvais moment.

Luai Jaff *Président du Centre Kurde pour l’Education, la Science et la Culture à Paris (KESCC)

 

Pour voir le dessin de Tignous et la page de Charle Hebdo réalisée ce jour là, cliquez ici