100 000 euros pour le Club de tennis de Sèvres au conseil municipal du 11 décembre 2025

Interventions de Catherine Candelier, Frédéric Puzin - conseil municipal du 11 décembre 2025
Catherine Candelier précise que le tennis club de Sèvres est une association importante pour notre ville. Elle gère cette activité depuis 1984 et a pu se développer grâce à des travaux et à des subventions de la commune. Elle compte environ 800 à 900 adhérents, dont apparemment un quart ne sont pas Sévriens. Le tennis club bénéficie d’installations dont la ville est soit propriétaire soit locataire. Elle reverse 46.000 euros par an à la ville pour la location des terrains de la Mare Adam. Jusqu’en 2020, la ville octroyait une subvention annuelle de 7.500 euros au club.

 

 

Depuis le début de votre second mandat, cette association n’a pas bénéficié de subventions car elle dégageait des bénéfices très confortables. Lorsque votre projet de délibération pour une subvention exceptionnelle nous a été communiqué, nous avons cherché à comprendre pourquoi le club était aujourd’hui au bord de la faillite.

 

Votre municipalité semble être parfaitement informée de la situation actuelle, mais l’opacité règne. Un premier envoi de documents a été réalisé, mais il ne correspondait pas à notre demande. En commission finances, malgré nos questions, nous n’avons pas pu obtenir les informations nécessaires. Nous avons en main aujourd’hui le courrier de demande de subvention ainsi que les comptes 2023-2024 de l’association. Ces documents ne nous donnent donc pas la réalité des comptes 2024-2025. Il semble que durant deux ans la gestion de l’association a été défaillante. Une provision pour risques de 150.000 euros a disparu, sans doute liée à un licenciement.


Des travaux onéreux auraient été menés par l’association elle-même sur des installations appartenant à la ville. Ces travaux ont-ils été autorisés par la commune ? Si oui, la ville était donc parfaitement informée de ces engagements financiers importants qui n’ont pourtant pas éveillé la curiosité.


D’autres décisions ont pu être néfastes dans la gestion du club, pourtant comme je l’ai dit tout à l’heure très largement bénéficiaire les années précédentes. Mais nous n’en savons strictement rien. Le manque de transparence sur les comptes de l’association vis-à-vis des adhérents du club est flagrant. Mais il est aussi flagrant vis-à-vis de notre conseil municipal ce soir auquel vous demandez d’accorder une subvention de 100.000 euros. Vous nous avez indiqué en commission un changement de gouvernance du club, réalisé très récemment. Pour autant, c’est bien l’ancien président qui a signé la demande de subvention. Il semble par ailleurs que le trésorier de l’association fasse défaut depuis quelques mois. Cette situation aurait dû vous alerter bien avant le mois de novembre. Le nouveau président est un habitant de Boulogne et nous ne connaissons pas la composition du comité directoire. A nouveau manque de transparence.


Toujours en commission, vous nous avez fait part de la rédaction en cours d’un plan de redressement. Nous n’en n’avons pas communication à ce jour. Nous sommes beaucoup dans ce conseil à avoir une expérience de gestion associative. Lorsqu’une association connaît des difficultés, sa première action doit être de faire appel à ses adhérents. Il semble ici qu’aucune alerte n’ait été donnée et aucun appel à contribution réalisé. Outre la participation des adhérents pour redresser la situation, la ville aurait pu également intervenir beaucoup plus tôt. Je pense au loyer payé par le club pour les terrains de la mare Adam que nous aurions pu étaler. Je voudrai rappeler ce soir que le total des subventions accordées aux associations sévriennes en 2024 s’est élevé à 700.000 euros. La demande de 100.000 euros pour le tennis club représente donc 1/7ème du budget dédié à la vie associative. Ce n’est pas beaucoup…c’est énorme.


Personne dans cette salle du conseil ne souhaite que l’activité tennis s’arrête. Elle bénéficie à un certain nombre de Sévriennes et de Sévriens, mais aussi à des adhérents qui ne paient pas d’impôt à Sèvres. Est-ce donc au contribuable sévrien de payer entièrement la mauvaise gestion du club ? Devons-nous agir dans une telle urgence et sur un tel montant sans garantie aucune que l’an prochain nous ne nous retrouvions pas exactement dans la même situation ?

Frédéric Puzin précise que le caractère de service public est indéniable car il y a une exclusivité, une hégémonie totale du club sur un des sports les plus en vue. Il y a beaucoup de faillites de tennis club, La Baule, Toulouse, Denain, Deauville, Carcassonne, Lens, Saint-Denis. C’est presque un pattern pour des clubs gérés la plupart du temps par des CSP ++, financiers et entrepreneurs. Ce sont trop souvent aussi des directions de club qui pratiquent l’entre-soi. Le site du Tennis-Club ne fait aucune référence à la Ville propriétaire des locaux, négociatrice des locations et principale puissance permettant au club de vivre. Pas de blason, pas de reconnaissance. Comme si le club avait tout construit et financé. Les apports communaux ne sont ni comptabilisés ni valorisés. La page Facebook est à l’abandon. Le règlement intérieur est désuet avec absence des statuts, pas de noms au comité directeur, pas de nom de présidence.

 

Les cotisations sont étonnantes étudiants, chômeurs et retraités en ½ tarif. On ne voit pas ce qui justifie le traitement des retraités. Il faut imposer un quotient familial et supprimer les tarifs préférentiels qui s’appliquent sans critères précis. Il y a un manque de diversité dans les usagers du club et donc dans son accès. Il semble y avoir 18 coachs dont 2 ou 3 femmes. Pas de chiffres sur la mixité réelle. L’égalité femmes-hommes est bien éloignée.

 

Je m’étonne qu’une demande de prêt bancaire insatisfaite après d’un organisme privé se transforme en demande de don quand il s’agit d’argent public. La lettre reçue dit que les banques refusent un prêt mais alors on demande à la ville un don ? Cela veut dire qu’ils peuvent faire un plan de remboursement même partiel. Il ne faut pas voter la subvention mais une garantie d’emprunt auprès de la banque. Et les adhérents peuvent aussi être mis à contribution même si la vie démocratique de l’association touche très peu de monde. Il faut supprimer les demi-tarifs et placer les activités dans un cadre de quotient familial vu que c’est une activité municipale.

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